La facilitation dans le secteur du bâtiment – Portrait de François Cantin

La facilitation dans le secteur du bâtiment – Portrait de François Cantin

 

C’est quoi au juste le métier de facilitateur ou de facilitatrice?

La facilitation est, à mon avis, un outil essentiel à la collaboration. J’ai eu la chance de mesurer, à plusieurs reprises, la force de la collaboration pour atteindre les objectifs d’un groupe, innover et faire émerger l’intelligence collective.

Au cours des derniers mois, je suis allée à la rencontre de cinq facilitateur.trice.s avec qui j’ai eu le bonheur de collaborer ou de co-animer dans les dernières années afin d’échanger sur leurs façons de faire, leurs bons coups et de leur plus grande fierté!

Aujourd’hui, je vous présente le portrait de François Cantin, associé, directeur avant-garde chez Coarchitecture et grand passionné de la science du bâtiment. Au cours de sa carrière, François a travaillé sur plus d’une cinquantaine de projets en ayant toujours à cœur de favoriser la collaboration entre les différents intervenants. Habile communicateur et vulgarisateur, il est un grand adepte de l’approche du processus de conception intégrée (PCI) et a contribué à sa démocratisation. Il est également très engagé au sein de différentes organisations à titre de formateur et de bénévole sur les thèmes liés à la conception intégrée et à l’architecture durable.

Quelle est votre définition de la collaboration?

Pour moi, la collaboration, « c’est un moyen très efficace pour atteindre ses objectifs tout en apprenant au contact des autres et en ayant du plaisir ».

Qu’aimeriez-vous partager par rapport à votre cheminement professionnel qui vous a conduit vers la facilitation?

 Mon parcours académique s’est conclu par une maîtrise en science de l’architecture, qui portait à l’époque sur le confort visuel au sein des environnements de travail éclairés naturellement. Une fois en pratique privée, j’ai rapidement constaté que la conception et la réalisation de bâtiments réellement confortables pour leurs occupant.e.s n’étaient pas une mince affaire et qu’il fallait que l’ensemble des intervenant.e.s (client.e.s, architectes, ingénieur.e.s, entrepreneur.e.s, etc.) mettent l’épaule à la roue. La conception intégrée, orchestrée par un facilitateur, s’est rapidement imposée comme un incontournable pour atteindre l’objectif du confort.

Comment vous décririez-vous comme facilitateur?

Je dirais que je suis une personne structurée et à l’écoute. Je suis toujours soucieux d’offrir la meilleure expérience de collaboration possible à l’ensemble des intervenant.e.s concerné.e.s par le projet.

Selon vous, quelles sont les trois qualités essentielles d’un.e bon.ne facilitateur.trice?

  • Proactif
  • Empathique
  • Curieux

Selon votre expérience, quels sont les trois principaux « bloquants » à la collaboration?

  • L’absence d’une vision concertée au sein de l’équipe élargie de projet.
  • Le manque de préparation des intervenant.e.s. en amont des ateliers et autres activités de collaboration.
  • Le manque d’expertise dans certaines situations.

Quelles sont trois principales raisons qui font que vous aimez votre travail de facilitateur?

  • Lorsqu’elle est bien effectuée, la facilitation a réellement le potentiel de faire la différence, car elle donne la possibilité de voir les projets sous un autre angle. Autrement, chacun.e.s des professionnel.le.s est porté.e.s à travailler en silos, selon son expertise.
  • En favorisant la rencontre des expertises, le facilitateur contribue non seulement à l’atteinte des objectifs associés aux projets, mais aussi à offrir aux équipes une réelle opportunité d’innover.
  • Le PCI est aussi formateur pour le facilitateur.  Il lui permet d’apprendre autant sur l’aspect humain que sur les aspects conceptuels et techniques des projets de bâtiment.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui aimerait devenir un.e facilitateur.trice ?

Participer en tant qu’observateur.trice à divers ateliers. Cela permet de voir d’autres facilitateur.trices à l’œuvre et de constater les défis associés à la facilitation, pour ensuite être en mesure de développer sa propre approche. Il y a des choses qu’on ne peut pas apprendre dans les livres!

Quel est le projet réalisé en mode collaboratif dont vous êtes le plus fier?

Le siège social de Creaform à Lévis pour lequel j’ai eu l’opportunité de jouer le double rôle de chargé de projet en architecture et de facilitateur. La vision ambitieuse du client axée principalement sur la création d’un milieu de vie de grande qualité, soutenue par les expertises pointues et complémentaires des professionnel.le.s, a permis de concevoir un projet exemplaire malgré un échéancier contraignant.

Quel est votre plus grand défi personnel ou professionnel à titre de facilitateur?

Gérer des échéanciers très restreints et le manque de disponibilités de certains intervenant.e.s clés.

Quels sont vos trois outils d’animation préférés?

  • La matrice forces, faiblesses, opportunités et menaces (FFOM), car elle permet d’entrée de jeu de constater la complexité d’un projet et de le sensibilisé le groupe à la variété des points de vue.
  • La carte de chaleur, heat map, qui nous permet d’avoir une représentation visuelle de données sur un sujet. Cet outil permet aux participant.e.s de se prononcer sur un sujet précis tout en visualisant les préférences et choix des autres. Il s’agit aussi d’un moyen relativement simple de trancher un débat et de prendre une décision en groupe.
  • La carte mentale, très efficace pour prendre des notes en cours d’atelier dans le but de faire ressortir l’essentiel des idées en plénière.

Quelle est votre référence (livre, podcast, magazine) de l’heure sur le thème de la collaboration?

Je lis actuellement le livre Le pilotage du changement, qui porte sur la gestion du changement au sein des organisations. Il s’agit d’un sujet connexe à la facilitation, car certains projets impliquent de revoir les manières de faire des organisations et qu’une bonne approche de facilitation peut grandement aider à la gestion du changement.

Où vous voyez-vous dans 5 ans?

Toujours grandement impliqué dans les projets, mais de manière encore plus efficace, car la conception intégrée et la facilitation n’auront plus autant besoin d’être vulgarisées et justifiées. Il sera alors possible d’aller droit au but, encore plus rapidement.

En effet, je nous le souhaite vraiment!

 

Pour en savoir plus sur François Cantin

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