De salariée à entrepreneure… 5 leçons apprises dans la dernière année!

De salariée à entrepreneure… 5 leçons apprises dans la dernière année!

Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis une fille «d’été» qui adore le soleil et aime prendre le large pour découvrir de nouvelles destinations. Depuis des années, ma source d’évasion, c’est de partir loin pour découvrir de nouveaux paysages, goûter des saveurs différentes, parler une autre langue, voir du pays… Partir à l’aventure me permet de décrocher, de voir les choses différemment, de me reposer, d’avoir de nouvelles idées, de faire des rencontres, de me sentir «moi» pleinement. Cette année, comme la très grande majorité d’entre nous, je n’irai pas très loin pour mes vacances estivales, qui seront d’ailleurs beaucoup plus courtes qu’à l’habitude! Pas seulement à cause de cette situation exceptionnelle que nous vivons tous, mais aussi parce que c’est mon premier été d’entrepreneure!

L’été 2019 a été un moment décisif de mon passage de salariée à entrepreneure. Depuis 1997, chacun de mes voyages m’a permis de mieux me connaître et surtout de prendre des décisions stratégiques, d’avancer dans mon parcours personnel et professionnel. Le point de départ de mon aventure entrepreneuriale a vraiment été donné l’été dernier alors que nous avions mis le cap vers la Nouvelle-Angleterre, sur la côte est américaine, pour des vacances familiales. J’avais choisi de faire un retour aux sources sur les traces de mon grand-père paternel. En 1938, ce dernier s’est expatrié avec quelques-uns de ses frères dans le Connecticut afin d’y trouver du travail, comme de nombreux Canadiens français. Comme quoi, mon goût de l’aventure et de la découverte est possiblement génétique!

Nous avons donc visité la ville manufacturière de New Britain où mon grand-père était le chauffeur d’une riche veuve et également son homme à tout faire. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a aussi contribué à l’effort de guerre dans une usine américaine qui fabriquait des minuteries pour les bombes… Une expérience qui lui a permis d’ouvrir, par la suite, sa bijouterie et de devenir un des meilleurs horlogers-bijoutiers de la région de Lotbinière. Petite, je me souviens avoir joué au magasin sous le regard de mon grand-père qui travaillait constamment sur un projet. Distributeur et installateur des premiers téléviseurs du coin, propriétaire d’une terre forestière, organisateur de campagne électorale : mon grand-père avait le sens des affaires et avait toujours mille et un projets sur lesquels il travaillait en même temps, en plus de tenir sa bijouterie familiale avec ma grand-mère.

Mon grand-père Robert et ma grand-mère Lillian, dans la bijouterie familiale.

 

Faire le grand saut ou non?

J’avais le goût de plonger, de foncer en me lançant en affaires! J’en rêvais, j’en parlais depuis des années… Mais comme plusieurs, j’avais peur et je me posais de nombreuses questions. Étais-je vraiment une entrepreneure? Était-ce un coup de tête ou une idée parmi d’autres? Est-ce que j’allais vraiment quitter ma vie professionnelle de salariée, mon réseau, le milieu de l’éducation dans lequel j’avais évolué depuis près de 20 ans et mes avantages sociaux pour me lancer en affaires? Devant tant de questions, j’ai choisi de me faire accompagner dans cette démarche. C’est Catherine Morneau, des Consultations Morneau, qui m’a soutenue et aidée dans ma démarche et dans ma réflexion en me faisant voir les pour et les contre de ce changement de cap. Objective et empathique par rapport à ce que je vivais, elle a été une guide précieuse afin que je trouve des réponses à mes nombreux questionnements. Lors d’une rencontre, alors que je m’interrogeais, elle m’a lancé la question suivante: y a-t-il un membre de ta famille qui avait cet esprit entrepreneurial? J’ai tout de suite pensé à mon grand-père Robert! C’était bien de lui que me venait ce goût de diriger ma propre boîte!

J’ai littéralement commencé à travailler sur mon projet d’affaires plus activement, dans ma cour, en août 2019 alors que mes vacances tiraient à leur fin. Quelle sera ma proposition de valeur? Quel nom donner à mon entreprise? Quelle sera mon offre de services? Et mes clients? J’ai dû remplir 50 modèles d’affaires BMC (Business Model Canvas) avant de me fixer sur une offre, qui a d’ailleurs évolué depuis.

Mes premiers pas d’entrepreneure en août 2019.

 

Quel est le bilan de cette première année?

Un an plus tard, je fais le bilan de mon parcours et je réalise que j’ai…

  • Lancé mon entreprise Marie-Andrée Roy services-conseils.
  • Créé mon site Web.
  • Rédigé 4 articles de blogues et développé une infolettre.
  • Traversé une crise sanitaire que personne ne pouvait prévoir et qui a amené son lot d’inquiétudes, de changements, d’adaptations.
  • Suivi plus d’une quarantaine de webinaires, d’ateliers en ligne et de formations dont une offerte par le Future London Academy.
  • Découvert que Zoom, Teams, Mural et Miro sont des outils extraordinaires.
  • Pivoté, rebondi, repensé mon modèle d’affaires à maintes reprises.
  • Connu des victoires et des défaites.
  • Cumulé plusieurs heures d’insomnie.
  • Réalisé deux missions de travail en France (à une époque où nous pouvions voyager en toute quiétude).
  • Travaillé sur des projets emballants, avec des équipes qui le sont tout autant.
  • Créé un partenariat avec la COOP FA, une coopérative qui mène des projets en éducation relative à l’environnement pour inspirer l’action écoresponsable.
  • Animé des ateliers de design thinking et décidé d’exploiter à fond cette méthode qui produit d’excellents résultats à chaque fois.
  • Rejoint le rang des experts en pratiques d’affaires écoresponsables inscrits au répertoire du Fonds Écoleader.

 

Est-ce tous les jours facile? Non.

Est-ce que j’ai eu des moments de découragement? Oui. Comme sans doute près de 99% des entrepreneurs pendant cette crise inédite.

Est-ce que je regrette mon choix même s’il comporte sa part de risques et de défis? Oh que non! Est-ce que j’ai hâte de travailler sur les projets et les mandats qui m’attendent à compter de septembre prochain? Tellement!

Les 5 grands apprentissages réalisés au cours de la dernière année ou qu’est-ce que j’aurais aimé savoir avant de me lancer?

 1. Nouer des liens et mettre l’humain au coeur de son projet

Famille, amis, anciens collègues, implications bénévoles dans différentes organisations: le réseau, c’est la force de l’entrepreneur! Pour valider mes idées, discuter, bien connaître les besoins des clients, tester mon «produit» ou évacuer le trop-plein, mon réseau m’a littéralement soutenue, encouragée et aidée à aller plus loin, à voir plus grand. J’ai aussi appris que c’est en donnant qu’on reçoit le plus! Donner au suivant, vous connaissez ? J’ai donné beaucoup de temps à des gens, des causes, des projets et j’ai reçu tout autant pour mon propre projet, mais pas nécessairement des mêmes personnes. Dès que j’ai annoncé que je lançais mon entreprise, j’ai eu beaucoup de soutien, des mains tendues, des conseils et même des mandats. Il y a tellement de personnes de mon réseau, proche et éloigné, qui m’ont aidée avec mon projet, c’est incroyable! En design thinking, on dit que nommer son intention est la clé pour atteindre notre objectif et c’est tellement vrai.

2. Toujours rester à l’affût

Suivre l’actualité, s’abonner à des infolettres dans notre secteur, être à l’écoute des besoins des gens lors des rencontres, suivre des webinaires (souvent gratuits!) ou des formations en ligne : l’entrepreneur doit toujours rester à l’affût des tendances pour bien comprendre les besoins et voir comment il peut y répondre. L’annonce d’un nouveau projet par une entreprise, une ville ou encore une formation suivie sur l’innovation peuvent nous amener à revoir notre offre, à la peaufiner, pour pouvoir accompagner un futur client dans sa démarche. Lire, se former, échanger, c’est aussi une excellente façon de trouver de nouvelles idées et de s’inspirer de ce que les autres font.

3. Se faire accompagner par des pros

La démarche d’accompagnement entreprise avec ma conseillère d’orientation a été vraiment très bénéfique et m’a donné des outils pour avancer dans ma réflexion professionnelle et personnelle. Grâce à son appui et ses conseils, j’ai pris beaucoup de confiance et j’ai pu transformer ce qui m’apparaissait être des défis en opportunités!

Plusieurs livres lus sur l’entrepreneuriat indiquaient qu’il était fondamental de s’entourer des meilleurs pour réussir! Comme entrepreneur, nous sommes le chef d’orchestre qui doit guider les musiciens qui composeront la plus belle des symphonies. Il ne faut pas hésiter à faire appel à des pros! J’ai donc choisi de travailler avec une conseillère d’orientation, une comptable, un webmestre et une graphiste pour lancer mon projet d’affaires. Et c’est une décision qui a été très payante!

4. Savoir garder l’équilibre

C’est assurément mon plus grand défi des six derniers mois! Lancer son entreprise, c’est se donner corps et âme dans un projet qui nous passionne et qui nous tient à cœur. C’est prendre des risques, investir de son temps, de son argent, de soi, sans compter! Comment combiner développement des affaires en pleine crise de la COVID-19 avec vie personnelle et familiale? Savoir s’arrêter, prendre du temps pour soi, chercher l’équilibre, c’est fondamental! Tout le monde le dit, mais dans la réalité, ce n’est vraiment pas si évident.

Pour m’aider à adopter de meilleures habitudes de vie (intégrer l’activité physique dans mon quotidien, apprendre à gérer mon stress, etc.) j’ai choisi d’embarquer dans le Projet Pilote de Jean-François Lacasse, fondateur de la communauté Mayday, m’aider, en juin dernier. Parce qu’à un moment, l’adrénaline, la passion et la fougue ne suffisent plus. «Juste assez…», ce sont les paroles de une des coachs du projet. Juste assez de sport, de sommeil, de temps pour soi, pour se sentir bien et continuer à relever les défis professionnels et personnels qui nous attendent.

5. Foncer

Vous rêvez de lancer votre entreprise depuis longtemps? FONCEZ! Aux sempiternelles questions que je me posais, à tous les obstacles potentiels que je nommais, mon meilleur ami depuis toujours, Élis Parent, PDG de Smak Design, m’a dit au printemps 2019: quel est ton plus grand risque? Il avait tellement raison! C’est dans l’adversité que nous apprenons et que nous nous réalisons vraiment. Il faut être proactif et accomplir chaque jour une action qui nous rapproche de notre projet.

Je suis donc en vacances depuis quelques jours, fière du cheminement réalisé dans la dernière année. Et toujours aussi à l’aise avec ma décision d’avoir fait le grand saut dans une aventure imprévisible, remplie de défis, mais tellement gratifiante! Je sais très bien que ce temps d’arrêt est nécessaire pour faire le plein d’énergie, générer de nouvelles idées et prendre un temps d’arrêt avec moi-même et mes proches.

Vous n’avez pas encore croisé ma route d’entrepreneure? Vous avez envie d’explorer la méthode du design thinking pour repenser un produit ou un service? Vous souhaitez entreprendre une démarche de développement durable dans votre organisation et mettre en place des pratiques écoresponsables? Ce sera un plaisir pour moi d’en jaser avec vous à mon retour de vacances, le 25 août !

 

 

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